La Marine américaine va déployer des bateaux autonomes et armés, capables de s’organiser en essaim pour protéger ou – à l’inverse – attaquer un bâtiment naval. La technologie provient de la mission d’exploration martienne de la Nasa.

© ONR Un patrouilleur autonome.

Après les drones tueurs, les bateaux-robots exterminateurs ? La Marine américaine va prochainement déployer des bateaux de patrouille robots armés mais sans marins à bord pour escorter et protéger ses bâtiments de guerre dans les eaux sensibles. Baptisée Caracas, cette technologie a été développée à partir des robots utilisés par l’agence spatiale Nasa sur Mars. Elle devrait révolutionner le mode d’opération de la Marine tout en posant de nouvelles questions sur le rôle croissant des robots en situation de conflit.

Le Bureau des recherches navales a dévoilé dimanche les résultats de ce qu’il présente comme une démonstration sans précédent ayant engagé en août 13 patrouilleurs robots escortant un bâtiment dans la James river, en Virginie (sud des Etats-Unis). Suivant un scénario de simulation, cinq patrouilleurs robots ont assuré la protection d’un plus grand bâtiment, tandis que huit autres étaient chargés de surveiller un bateau suspect. Les patrouilleurs robots ont ensuite encerclé la « cible », permettant au bâtiment de naviguer sans encombre dans la zone.

L’exercice, mené pendant deux semaines, était destiné à simuler « un passage dans un détroit », a indiqué le chef de la recherche navale, le contre-amiral Matthew Klunder, à la presse lors d’un récent point de presse.

« Cela pourrait être le détroit de Malacca, cela pourrait être le détroit d’Ormuz », a-t-il dit.

Cet exercice représente « une percée », a-t-il ajouté, indiquant que des patrouilleurs robots similaires pourraient escorter des bateaux américains dans moins d’un an. Voici une vidéo YouTube réalisée par l’US Navy.
Les patrouilleurs, des bateaux gonflables à coque rigide de 11 mètres de long, sont généralement manœuvrés par trois ou quatre marins. Mais dans leur version robotisée, un seul marin suffirait à opérer jusqu’à 20 patrouilleurs. Pour rendre autonomes un tel bateau, il suffit d’installer à bord une série de capteurs et un kit informatique spécial de la taille d’une malle qui, doté de fonctions d’intelligence artificielle, va prendre le contrôle des différentes commandes.
© ONR Un kit informatique pour rendre les patrouilleurs autonomes.

Le contre-amiral Klunder a expliqué que ces patrouilleurs pourraient être équipés d’armes non létales, mais aussi de mitrailleuses et ouvrir le feu sur un bateau ennemi si l’ordre en était donné par un marin.

« Il y a toujours implication d’un homme dans la désignation d’une cible et de sa destruction » éventuelle, a-t-il ajouté.

« L’intérêt de cette technologie est que (le patrouilleur) est autonome », a dit le contre-amiral Klunder.

Pour l’armée, cette technologie devrait permettre d’épargner la vie de marins et de renforcer les performances de la Marine. La technologie a été dévoilée peu avant le 14e anniversaire de l’attaque du destroyer USS Cole à Aden, au Yémen, le 12 octobre 2000, lorsqu’un petit bateau bourré d’explosifs en avait perforé la coque, tuant 17 marins et blessant 39 autres.

« Si nous avions eu cette capacité aujourd’hui (avec les robots), je suis certain qu’on aurait sauvé ce bateau », a dit le contre-amiral Klunder.

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