SUSPICION – Un numéro vert et un site dédié au virus ont été mis en place pour répondre aux questions du public sur Ebola. Et pourtant les « fausses alertes » continuent. Metronews vous explique à partir de quand il y a lieu de s’inquiéter.

Un numéro vert, le 0 800 13 00 00, a été mis en place pour répondre aux inquiétudes des Français sur Ebola.Photo : SIPA

« Si vous avez le moindre doute, appelez le 15 », vous dit le ministère de la Santé. Et de lister les différents signes qui doivent vous alerter : fièvre d’apparition brutale, faiblesse intense, maux de tête, douleurs musculaires. Dans la première phase de la maladie, le virus Ebola ne déclenche en effet ni vomissements ni diarrhée mais des « symptômes non spécifiques de type grippal », qui peuvent par exemple faire penser au paludisme. Et moins d’un malade sur cinq présente des signes hémorragiques.

4 critères à remplir

Pour autant, il n’y a pas de raison de penser à Ebola au moindre état grippal. Le professeur Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat, explique ainsi à metronews que ces symptômes doivent être accompagnés de trois autres critères pour qu’il y ait suspicion d’une contamination à Ebola :

⇒ Les individus doivent revenir de zones endémiques à risque, c’est-à-dire de la Guinée, de la Sierra Leone, du Libéria, du Nigéria et aussi du nord de la République démocratique du Congo.
⇒ Ce voyage dans ces zones où Ebola sévit doit dater de moins de trois semaines, la période d’incubation étant de 2 à 21 jours. Conséquence : « Si quelqu’un qui est allé en Guinée il y a deux mois a de la fièvre, il ne risque pas d’avoir Ebola. »
⇒ Ces individus doivent avoir été en contact avec un malade d’Ebola ou une personne décédée de cette fièvre hémorragique.

Le professeur Yazdanpanah rappelle que les personnes qui remplissent ces quatre conditions ne sont pas si nombreuses que ça. Vendredi 10 octobre, la ministre de la Santé a ainsi confirmé qu' »onze cas, et onze cas seulement, y compris celui qui a été hospitalisé à Bichat, ont donné lieu à des tests et tous ces tests se sont à cette heure révélés négatifs ».

Cas possible vs fausse alerte

Le professeur n’utilise pas le terme de « fausse alerte » : »Ces cas qui remplissent les conditions, il faut les prendre en charge exactement comme si c’était Ebola. » En ce qui concerne la personne hospitalisée dans son service à Bichat, « le diagnostic final était une infection bactérienne standard ». Il s’agissait donc d’un « cas possible qui a été éliminé, à la différence de Cergy, où l’on peut parler d’une vraie ‘fausse alerte' ».

Ces fausses alertes, le spécialiste des maladies infectieuses les relie à la psychose qui règne autour d’Ebola. Il est vrai que les contaminations secondaires du personnel soignant en Espagneet aux États-Unis font peur. Mais il rappelle que « la probabilité qu’une personne lambda soit contaminée est très faible, les gens n’étant pas en contact avec des malades en phase terminale, lorsque la maladie est très contagieuse ». Alors rappelez-vous les quatre critères avant de paniquer.

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