Une vue de l'éruption depuis Frutillar, au sud du Chili, le 23 avril 2015. © MARTIN BERNETTI / AFP
Une vue de l’éruption depuis Frutillar, au sud du Chili, le 23 avril 2015. © MARTIN BERNETTI / AFP

Le Calbuco est considéré comme l’un des volcans chiliens les plus dangereux. Après un sommeil de 54 ans, il est entré deux fois en éruption, à quelques heures d’intervalle, les 22 et 23 avril 2015.

ALERTE ROUGE. Le gouvernement chilien maintenait l’alerte rouge jeudi 23 avril 2015 après une deuxième éruption, quelques heures après la première, du volcan Calbuco. Il était inactif depuis 54 ans selon le Service national de géologie et de mines chilien (le Sernageomin). L’institut a par ailleurs indiqué que le volcan pourrait commencer à émettre de la lave, ce qui provoquerait la fonte des neiges des sommets, laissant craindre des inondations et la hausse du niveau des rivières. Un danger qui a motivé l’évacuation de la population dans un rayon de 20 kilomètres aux alentours. À la suite de cette deuxième éruption du volcan Calbuco, dans le sud du Chili, les autorités locales indiquait jeudi 23 avril 2015 qu’elles maintenaient l’alerte rouge. « Un deuxième épisode éruptif du volcan Calbuco a été détecté. L’alerte rouge est maintenue », a écrit le Sernageomin sur son compte Twitter. Le time-lapse ci-dessous montre l’incroyable violence de l’éruption du 22 avril 2015.

La zone d’évacuation autour du volcan Calbuco est de 20 kilomètres

L’alerte rouge concerne les villes de Puerto Montt et Puerto Varas, situées dans la région de Los Lagos, à environ 1.300 kilomètres au sud de Santiago. Les autorités ont décidé l’état d’exception pour catastrophe dans les localités proches du volcan et l’armée prendra donc temporairement le contrôle de ces zones.

« Nous avons décrété l’état d’exception pour catastrophe dans la province de Llanquihue et la commune de Puerto Octay », a annoncé le ministre de l’Intérieur Rodrigo Peñailillo.

« Actuellement la zone d’évacuation autour du volcan Calbuco est de 20 kilomètres. La police a déjà donné des instructions et a commencé à évacuer », avait-il expliqué un peu plus tôt.

Le tweet du Sernageomin ci-dessous montre quelles étaient les zones d’exclusion au 23 avril 2015.

Selon la présidente chilienne Michelle Bachelet, qui a annoncé peu avant minuit qu’elle se rendra sur place jeudi, 5.000 personnes sont concernées par ces évacuations. Elle a également appelé la population à suivre les recommandations des autorités. L’évacuation a démarré dans la zone de Ensenada, où vivent plus de 1.500 personnes, a précisé Roberto Peñailillo. Les classes ont été suspendues dans la région, de même que les vols au départ et à l’arrivée de cette zone. « Il n’y a aucun blessé ni disparu »jusqu’à présent, a indiqué dans la soirée le ministre de l’Intérieur.

L’alerte a également été donnée dans le sud de l’Argentine. Les autorités de la ville argentine de Bariloche, située à seulement 100 kilomètres du volcan, ont pris des mesures d’urgence en prévision de la possible arrivée des cendres produites par l’éruption. La défense civile de Bariloche, qui se trouve à 1.630 kilomètres au sud de Buenos Aires, a suspendu les cours dans les écoles et a réquisitionné les établissements sanitaires pour faire face à toute urgence liée à l’éruption.

« Etant donné la vitesse et la direction du vent, on estime que les cendres volcaniques arriveront sur Bariloche et sa région dans les prochaines heures », selon le quotidien local La Cordillera.

L’éruption, qui a démarré vers 18H00 (21H00 GMT), est survenue par surprise, aucun début d’activité n’ayant été enregistré ces derniers jours. Ci-dessous, un second time-lapse consacré à la catastrophe.

« EXPLOSIVE ». Cela a été une « éruption assez explosive », a raconté le vulcanologue Gabriel Orozco, du Service national de géologie et de mines (Sernageomin), à la télévision nationale.

 « Actuellement la colonne éruptive a une hauteur d’environ 10 kilomètres, ou un peu plus », a-t-il ajouté, et« cette éruption va faire retomber une grande quantité de cendres »« Le risque principal est que cette colonne s’effondre », a-t-il mis garde, sur les rivières avoisinantes.

Retransmises en direct à la télévision, les images montraient en début de soirée une épaisse colonne de fumée blanche s’élevant dans le ciel au-dessus de ce volcan situé près de la côte, d’une altitude de 2.003 mètres et inactif depuis 43 ans. Mais aucune coulée de lave n’était apparente. A Puerto Montt, les émanations de fumée en provenance du volcan recouvraient toute la ville, paralysée par d’énormes embouteillages et de longues files d’attente devant les stations essence, selon les images de télévision.

 « Les gens ont très, très peur », a confié le maire, Gervoy Paredes. « La situation est assez compliquée pour l’instant » a-t-il ajouté : « le fleuve Blanco serait en train de déborder en raison du dégel » provoqué par l’éruption.

La police chilienne a appelé à « laisser les routes (nationales) dégagées » dans la zone pour faciliter les opérations d’évacuation. Le ministre de l’Intérieur à lui lancé « un appel au calme à la population, qui doit se maintenir informée ». Il s’agit de la deuxième éruption en quelques semaines enregistrée au Chili, après celle en mars du volcan Villarrica, également situé dans le sud du pays, qui avait entraîné l’évacuation de quelque 3.600 personnes. Le Chili compte environ 90 volcans actifs, parmi lesquels le Calbuco est considéré comme l’un des plus dangereux.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Vu sur: http://www.sciencesetavenir.fr/

Publicités