Le 28 juillet 2013, le cargo Progress 52 en approche de la station spatiale internationale. ©HO / NASA TV / AFP
Le 28 juillet 2013, le cargo Progress 52 en approche de la station spatiale internationale. ©HO / NASA TV / AFP

Dans un point de situation au 30 avril 2015, l’agence spatiale européenne donne une première estimation générale des zones où pourraient tomber les débris du vaisseau Progress.

CHUTE. « Il est maintenant clair que les équipes russes ne parviendront pas à reprendre le contrôle du vaisseau Progress, qui va effectuer une rentrée atmosphérique incontrôlée« , explique l’agence spatiale européenne dans un point de situation sur l’état du cargo Russe Progress en perdition dans l’espace.

En effet, les forces de frottement et la gravité terrestre vont graduellement abaisser l’orbite sur laquelle le vaisseau se trouve actuellement, jusqu’à ce que cette masse de 7 tonnes finisse par retomber sur Terre. Où exactement ?

D’après son orbite, « en principe, le vaisseau peut retomber n’importe où, sur les terres émergées ou dans les océans, entre les 51è parallèles Nord et Sud » explique Holger Krag, responsable des débris spatiaux auprès de l’Agence spatiale européenne.

Une zone assez étendue, comme on peut le voir dans la carte ci-dessous :

Heureusement, la plus grosse partie de ce vaisseau sans équipage va se désintégrer et se consumer en traversant l’atmosphère, comme le font la plupart des météorites qui croisent notre planète.

« Toutefois, on ne peut pas exclure le risque qu’une portion de cette structure, notamment les pièces massives qui constituent le dispositif d’amarrage, les réservoirs de carburant ou les propulseurs ne survivent à traversée atmosphérique et ne parviennent jusqu’au sol« , précise Holger Krag.

PROBABILITÉ. Potentiellement, des débris peuvent tomber sur une ville. Mais la probabilité que cela arrive est relativement faible. En effet, « la Terre a une très large surface » rappelle l’ESA dont la plus grande partie n’est pas habitée. Et pour cause.

« La superficie occupée par les villes n’est pas très vaste, si l’on songe que la moitié de la population mondiale y est établie. Selon de récentes estimations fondées sur imagerie satellite, la totalité des zones urbaines (aires bâties et espaces verts inclus) ne couvre que 2,8 % de la surface émergée de la planète » chiffre, en 2007, un rapport des Nations Unies.

Et cette surface des terres émergées ne représente elle-même moins de 30% de la surface totale du globe.

« Il est donc bien plus probable que cette rentrée atmosphérique s’effectue au dessus au dessus de l’eau, dans un désert ou sur une zone inhabitée » estime l’ESA. Cette rentrée atmosphérique devrait survenir plus ou moins deux jours autour du 9 mai 2015. « Au fur et à mesure qu’on se rapprochera de cette date, notre capacité à prédire le moment de la rentrée s’accroitra. Et nous espérons, aux alentours du 8 mai, être capable de le prédire avec un degré de certitude élevé. Il sera peut-être même possible d’exclure certaines zones« , précise l’agence spatiale européenne.

Le vaisseau avait décollé du cosmodrome de Baïkonour mardi 28 avril 2015, à 9h09, heure de Paris, à bord d’une fusée Soyouz.

« Mais 1,5 seconde avant la séparation du véhicule, nous avons constaté une perte de télémétrie« , avait précisé l’agence spatiale russe, annonçant officiellement l’échec de la mission de ravitaillement de l’ISS à laquelle ce cargo se destinait.

Quelques minutes après le décollage, la liaison a été rétablie de manière sporadique avant que tout contact ne soit finalement rompu. Ne pouvant plus recevoir d’ordres pour actionner ses moteurs, le cargo, en rotation sur lui-même est actuellement à la dérive dans l’espace.

« Il n’y a absolument aucun danger de collision avec la station spatiale internationale« , rappelle l’ESA.

En effet, celle-ci orbite à 400 km au dessus de la Terre tandis que le cargo, lui, évolue sur une orbite dont l’apogée est deux fois plus basse.

Pour les 6 astronautes qui occupent la station spatiale internationale, ce non ravitaillement ne constitue qu’un contretemps. En effet, l’équipage dispose de suffisamment de vivres, de carburant et d’oxygène pour tenir au moins quatre mois. Or, le prochain lancement est prévu le 26 mai 2015 à l’aide d’une capsule Soyouz, afin d’effectuer un changement d’équipe. Une autre mission de ravitaillement est déjà programmée le 19 juin via une capsule dragon.

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